1202 - 2002 : 800 ans d'histoireAbbaye maritime de BeauportPaimpol - Côtes d'Armor
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beauport bellus portus : une abbaye maritime


Calendrier des travaux de 1993 à 2009

Comment associer la restauration d'un monument historique et la protection de le faune?


Travaux paysagers

 

2007-2008 :

 

A l'heure actuelle, trois corps de bâtiments comportent des appartements encore non accessibles au public pour des raisons de sécurité, mais dont la visite à terme est envisagée. La "Maison des Hôtes" en particulier présente un grand intérêt, car c'est elle qui a abrité au XIXème siècle le logement de la famille alors propriétaire du monument. En effet, l'Abbaye fut acquise pour partie, après la Révolution, par la famille Morand. Négociant et armateur, Louis Morand résidait à Paimpol, mais sa fille Mélanie s'installa dans la maison des Hôtes après son mariage en 1843 avec le comte polonais Napoléon Poninski. Ces appartements, restructurés par le couple vers 1850-55, furent occupés depuis sans discontinuité par leurs héritiers, les familles Bonnaterre et Gomond, jusqu'en 1997 où cessa leur droit d’usage.

 

Ces appartements - d’une quinzaine de pièces sur deux étages (soit un total de 330 m2 environ) - ont conservé des traces caractéristiques de cet usage familial et de nombreuses archives, notamment photographiques, épistolaires et décoratives, sont restées en place.

Le projet culturel envisagé consiste à évoquer l'histoire quotidienne de l'Abbaye dans ces appartements, qui furent le foyer de vie tant abbatiale que laïque :
- sur un étage, par une muséographie ayant trait à la période monastique (XIII-XVIIIèmes siècles), présentant pièces d’archives, dépots de fouilles récentes (vaisselle, carreaux de pavements, statuaire...) ;
- sur l’autre étage, par une restitution des intérieurs bourgeois (XIX-XXème siècles), avec une recherche d’ambiance mettant en scène les objets quotidiens trouvés sur place (décors, papiers peints, textiles, costumes, courriers, plaques de verre et iconographie d’époque…).

Afin de préparer un tel projet, l’inventaire du contenu des appartements est actuellement en cours d’achèvement. Le stockage des archives ainsi sauvegardées est parallèlement réalisé dans des conditions conformes aux normes de conservation en vigueur. Celui des pièces textiles et mobilières doit être poursuivi en intégrant certaines restaurations. Enfin, une expertise spécifique des papiers-peints a été menée.

Suite à un mois d’enquête, dépose et expertise – conjointement menées par Véronique de la Hougue, conservatrice au Musée des Arts Décoratifs de Paris, Joël Marie, restaurateur, et Claudine Minier, architecte – cette étude financée par le Conservatoire du littoral révèle de nombreux éléments d’information sur l’aménagement de ces appartements.

Des stocks importants de rouleaux non utilisés ont été retrouvés lors de l’inventaire organisé par l’AGRAB : sur cet ensemble présentant des séries allant de 1850 à 1940 environ, 25 papiers-peints ont été redécouverts in-situ (certaines pièces pouvant avoir conservé jusqu’à trois strates de décors successifs, avec leurs frises et plinthes respectives) ; 42 papiers-peints restent inconnus dans leur usage, pouvant également avoir servi à la décoration des appartements de l’aile est, voire des annexes abbatiales (fermes, moulin…).

Deux grandes phases décoratives apparaissent :
- Seconde moitié du XIXème siècle : après une courte période de location à la commune de Kérity par Louis Morand fils (entre 1834 et 1838), un réaménagement total fut entrepris par sa sœur et son beau-frère, Mélanie et Napoléon Poninski, peu après leur mariage en 1843. De cette période daterait la pose d’une grande partie des cloisons bois (vers 1845) et une première campagne de décoration homogène (entre 1850 et 1855 au plus tard). Cette datation est avérée par les supports de journaux ayant servi au contre-collage, mais aussi par la stylistique des papiers très typée (architecture néo-gothique, cartouches paysagers, frises chargées quasiment « baroquisantes », motifs de toile de Jouy…).
- Premier tiers du XXème siècle : la seconde campagne décorative date des années 1929 à 1933 environ et correspond, avec une décennie de retard, à l’installation permanente de la famille Gomond, petits-neveux et héritiers de Mélanie Poninska décédée en 1890.

Ces nouveaux éléments vont permettre d’affiner la réflexion sur les usages muséographiques futurs des appartements, mais aussi d’intégrer la conservation des cloisons au prochain chantier de réfection de la couverture dont le démarrage est programmé en 2008.
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